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À l’École Normale Supérieure, la traque d’un étudiant « non conforme »

Alors que l’affaire Mila continue de défrayer la chronique, la polémique enfle autour de la notion de « droit au blasphème ». Pourtant, en dehors des sentiers battus médiatiques, d’autres traques sont à l’œuvre pour punir les détracteurs du politiquement correct. Le seul blasphème interdit serait-il donc celui contre la Bien-pensance ? C’est bien de ce délit que l’on accuse Arnaud Scève.

 

Mais qui diable le pseudonyme « Arnaud Scève » cache-t-il ? Voilà une question qui, pour certains normaliens, tourne à l’obsession. Son crime ? Avoir écrit une tribune satirique dénonçant la main mise d’une propagande pro-gender et pro-LGBT au sein des Écoles Normales. À l’évidence, une telle délation sarcastique ne peut être laissée impunie : il faut démasquer son auteur pour l’en châtier justement. L’inquisition progressiste est prête à sévir :

Au cours de ses études, notre étudiant sycophante avait eu l’occasion de découvrir bien des machines, de comprendre leurs rouages. Il en est une qu’il ignorait cependant : la machine médiatique et son tribunal associé – de toutes la moins contrôlable. Ainsi, lorsque à la sortie de son vaste bâtiment d’étude il remarque sur un groupe Messenger le lien vers l’article « L’anormal est-il devenu la norme à Normale », il s’arrête, quelque peu décontenancé. Il ne s’attendait pas à ce que l’on découvrît son papier.. Enfin, pas de quoi s’alarmer, il restait anonyme après tout, et la diffusion allait demeurer restreinte. Naïve méconnaissance de l’adversaire …

Le soir, alors qu’il arrive à la soirée des filles du rugby, il entend le nom d’Arnaud Scève prononcé par un groupe à sa droite. Puis, la première discussion dans laquelle il s’insère parle, elle aussi, de ce texte fascisant. Si l’un reconnaît que les points présentés dans l’article sont « factuellement vrais », l’autre ajoute que cela doit certainement provenir « d’un mâle blanc cisgenre refusant de voir sa domination mise à mal ». Tous s’accordent pour blâmer ce brûlot. Gêné par la tournure de la conversation le normalien dissident s’introduit dans un nouveau cercle. Ici les considérations sont techniques : lia (inclusif pour dire le ou la) rédacteurice de l’article n’y connaît vraisemblablement rien en écriture inclusive, iel ne s’utilise que lorsque l’on parle de personnes. Aussi pour employer « saon » eût-il fallu dire par exemple : « Iel a eu la visite de saon cousin·e ». L’anonyme rit sous cape tout en réalisant l’ampleur du retentissement de sa prose. Il se retrouve seul au bar et laisse traîner une dernière fois son oreille. Ceux à côté affirment que sur certaines discussions internet des gens recoupent les indices pour dévoiler l’identité d’Arnaud Scève, que ce dernier va passer un sale quart d’heure puisque cette traque a toute les chances d’aboutir. C’en est trop, terrifié, le satiriste va se coucher la boule au ventre.

Une telle grotesquerie dans les réactions à cette tribune atteste, de manière éclatante, de son bien-fondé. Cela prouve tout d’abord la véridicité de ce qui y est dit. Car ce que l’on reproche à cet article n’est pas son caractère mensonger, c’est la façon dont il tourne en dérision des faits objectivement attestés, faits allant dans le sens d’un soi-disant progrès. Ensuite, cela corrobore l’idée que cette pensée qui se diffuse chez les élites intellectuelles est à la fois normative et inattaquable (oserais-je dire totalitaire ?) : quiconque la dénonce se voit pourchassé et mis au ban. Enfin, cela montre magistralement l’incohérence intrinsèque de ces censeurs bien-pensants.

En effet, les artisans de cette pensée unique ont la consternation sélective. Ils connaissent bien la fameuse citation tarte à la crème faussement attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Et ils approuvent le sens de l’expression – quand ils étaient Charlie ils l’ont du reste répétée maintes fois. Toutefois, si l’adversaire se fait trop virulent et qu’il vient au surplus du côté opposé de l’échiquier politique, la stratégie change brusquement. Désormais c’est la maxime de Saint-Just qui prévaut : «Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Tous les coups sont permis. L’on soulève la mémoire des années 30 et l’on crie au fascisme. Pas question de tolérer l’intolérant, pas question de le laisser s’exprimer. Drôle de conception de la liberté d’expression. Soyez prévenus : il est interdit de blasphémer la Bien-pensance.

 

Arnaud Scève

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