Tous les hommes sont des batards, écriture inclusive

L’écriture inclusive à l’assaut du patriarcat

À la suite de notre tribune dans Causeur, retour sur les motivations profondes des partisans de l’écriture inclusive. 

 

Dernier front ouvert par le féminisme dans son combat eschatologique contre le patriarcat, la langue française doit affronter les assauts outranciers de l’écriture inclusive. Cette dérive linguistique entend en effet substituer à la langue de Molière un jargon aussi incompréhensible qu’idéologisé. Si cette nouvelle lubie ne rencontrait pas un large consensus dans les cercles universitaires, elle prêterait à sourire. Toutefois, sa rapide diffusion au sein des élites, en dépit des mises en garde de l’Académie, fait craindre qu’une telle aberration langagière devienne la future norme en matière d’écriture du français.  

 

Au fond l’idée est simple : au temps où les règles du français furent établies, le patriarcat régissait la société. Il en résulte que la langue porte consubstantiellement les stigmates de cette domination, comme le prouve la traditionnelle règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin ». Partant, il faudrait repenser la langue pour la défaire de cette emprise sexiste et discriminatoire.

L’argumentation pourrait continuer ainsi encore longtemps. De prime abord elle paraîtrait même séduisante. Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que les prémisses sont viciées. Tout d’abord revenons sur l’idée fausse que la langue française véhiculerait une pernicieuse domination masculine. Peut-être le fait que le monde était à l’époque dominé par les hommes a-t-il joué dans la fixation d’une primauté grammaticale du masculin sur le féminin. Cependant l’usage s’est maintenu sans aucun remous puisqu’il a toujours été perçu comme un choix arbitraire simplifiant le langage. En fait, y compris dans les rangs féministes jusqu’à récemment, personne n’aurait eu à l’esprit de contester cette règle. On distinguait bien entre sexe et grammaire. Le genre des mots est en effet lui-même une construction arbitraire : ainsi, alors que le soleil est masculin en français, il est féminin en allemand. Le masculin des hommes n’est donc pas le masculin de la langue, et traduire la règle du « masculin l’emporte sur le féminin » à un rapport de domination ancré dans le réel est un raccourci trompeur. Bref, les femmes ne se plaignaient pas de la priorité donnée au masculin dans la langue, tout comme il ne viendrait pas à l’esprit d’un socialiste de remettre en cause la priorité à droite en voiture. La règle de la priorité à droite est là avant tout pour simplifier la circulation, et il est inutile de préciser que cette droite n’a rien de politique.

 

En outre, la langue française n’a rien d’excluant envers quelconque minorité. Elle a de fait permis l’émancipation des femmes à travers les ouvrages d’Olympe de Gouges, de Madeleine Pelletier ou de Simone de Beauvoir. À l’évidence le français telle qu’il est permet à toute pensée de s’exprimer librement. Or, si la langue française n’exclut personne, nul besoin de la rendre inclusive.

 

Fi, la nouvelle génération progressiste y tient mordicus : il faut rendre le français inclusif et mettre fin à l’oppression patriarcale. Comme nous venons de le voir cette oppression fantasmée n’a pas d’existence réelle. Sous prétexte de déconstruire les rapports de domination présents dans la langue ces idéologues féministes construisent en fait leur propre domination. Cette frange bien-pensante s’invente en effet une position victimaire en créant ex nihilo une pseudo oppression immanente à la grammaire en vigueur. Mieux, en prêtant à la langue ce rôle d’intermédiaire du patriarcat, ces féministes entendent faire table rase de l’idéologie prétendument présente dans le français, pour ensuite mieux pétrir la langue de leur propre idéologie.

 

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