Étudiant à Lyon 2, Eliott Savy dénonce l’emprise des nouvelles théories indigénistes racialistes et communautaristes dans son université

Eliott Savy est étudiant à l’université de Lyon 2 et connu pour avoir dénoncé les nouvelles théories à l’oeuvre dans les universités. Il revient pour campus vox sur la situation du monde universitaire et ses dérives profondes.

 

Campus Vox : vous dénoncez régulièrement les dérives idéologiques à l’université et plus particulièrement à Lyon 2, quelles sont ces dérives ?

Eliott Savy : Ces dérives sont à la fois relativement simples et complexes. Simple, car l’idéologie qui prospère, l’indigénisme et les études décoloniales/de genre, est relativement facile à « identifier »… Mais c’est malheureusement impossible de le stopper dans l’état actuel des choses. Le système universitaire est tel qu’il favorise largement l’entre-soi et bénéficie d’une réelle souplesse, souplesse inscrite dans le bloc de constitutionnalité (cf la décision du Conseil Constitutionnel n° 83-165 D C du 20 janvier 1984). Ce dernier point n’est pas forcément une mauvaise chose, mais cela peut donner lieu à des situations où les professeurs utilisent allègrement leurs cours pour y diffuser des idées militantes. Des idées telles que « l’avantage des réunions en non-mixité », de « système patriarcat », de « féminisme islamique » de « minorité opprimée » et j’en passe….

Campus Vox : Pensezvous que certains professeurs utilisent leurs cours comme des tribunes militantes ?

E.S : J’en ai été témoin directement. Je me rappelle un cours de « Science sociale d’aujourd’hui » durant ma 3e année de Science politique où la professeure s’est littéralement déchainée contre une partie de la presse (Le Point, Marianne), car cette dernière permettait la publication d’article dénonçant l’idéologie décoloniale. Cette même professeure s’est d’ailleurs permis d’être insultante envers diverses personnalités publiques (Laurent Bouvet ou Elisabeth Badinter par exemple) toujours en plein cours… On était même plus dans le débat d’idée, mais simplement dans l’insulte alors que nous étions en CM. Mais d’une façon plus générale, il suffit de voir l’orientation des lectures, qui pourrait presque ressembler à de la propagande nord-coréenne. Je pourrais prendre l’exemple d’une séance sur le « féminisme islamique » où les textes que nous avions étaient une exégèse du Coran pour démontrer que l’Islam était profondément féministe, aucune lecture critique sur le sujet ou de point de vue contradictoire, rien.

J’ai eu aussi, durant ma seconde année de sciences politique à Lyon 2, une autre professeure qui nous incitait à aller en manifestation pendant son cours magistral quand ce n’est pas carrément un mail de la part de notre UFR envoyée à tous les étudiants qui « appelle à participer » à une manifestation de soutien pour les migrants devant la préfecture (cause qui ne concerne nullement notre futur universitaire). Bref, ce ne sont plus seulement les cours qui sont utilisés comme tribune, mais l’université et les étudiants…

 

C.V : Observe-t-on une progression des enseignements sur les études de genre ou les études décoloniales ?

E.S : Très clairement, nous avons depuis quelques années un large développement des études du genre et des études décoloniales. Très concrètement, à Lyon 2, nous n’avons pas moins de 7 masters étude du genre différents… À raison de 30 à 40 étudiants par promo, je vous laisse imaginer le nombre d’étudiants concernés… Et je ne parle que d’une université… Concernant les études décoloniales, il suffit de voir le nombre de thèses… Sans même parler des thèses, la mode est clairement décoloniale, il suffit de voir la nomination de Danièle Obono au conseil d’administration de l’UFR de Science politique de la Sorbonne. Plus récemment encore, chez nos amis belges à l’université de Mons, un poste de chargé de cours en anthropologie décoloniale a été ouvert.

C.V : La direction de l’université et l’administration ne réagissent pas voire peut-être accompagnent dans certains cas… ?

E.S : Ah, clairement, il suffit de voir la polémique qui s’est créée après les articles qui sont parus dans la presse locale et nationale. La présidente, dans un communiqué envoyé à l’ensemble des étudiants, a clairement apporté son soutien à l’UFR incriminée, principalement pour des raisons de politique locale, la présidente voulant le soutien des professeurs pour l’élection interne. L’administration n’agit pas, car l’université est aujourd’hui une poudrière et qu’il n’y a clairement pas de volonté politique de s’attaquer à ce problème, que cela soit à gauche ou, de façon plus surprenante, à droite. La polémique avait été suffisamment importante pour que Laurent Wauquiez, via la Région, se saisisse du problème. C’était d’autant plus possible que la Région dispose aujourd’hui, par le CPER (contrat plan Etat-Région), d’une raison d’agir. Malheureusement, il n’y a rien eu. J’ai d’ailleurs reçu, paradoxalement, plus de soutien de la part de la gauche locale que de la droite, alors que j’étais identifié très clairement comme étant, à l’époque, un militant LR. Si la politique ne s’attaque pas réellement à ce problème, je pense que les campus universitaires vont ressembler à Evergreen d’ici 5 ou 10 ans. Tout cela, sur le dos du contribuable.

C.V : Qu’en pensent les étudiants globalement ? Est-ce que certains partagent vos inquiétudes ?

E.S : Je ne suis pas vraiment en mesure d’être un quelconque porte-parole des étudiants, étant donné que je ne suis pas un élu. Je sais néanmoins que j’ai reçu beaucoup de message de soutien en privé de la part d’étudiants de Lyon 2, mais pas seulement à la suite de mon « affaire ». Je peux parler cependant de mes anciens camarades de promo. Certains ont carrément quitté l’université Lyon 2, car ils étaient exaspéré par l’idéologie et les blocages. D’autres ont changé radicalement de cursus. Mais, j’ai ce sentiment, et peut-être que je me trompe, que la plupart des étudiants sont passifs face à cette problématique, se disant dans tous les cas que dans 2 ou 3 ans, ils ne seront plus là. Une large majorité d’étudiants que j’ai pu côtoyer n’était pas forcément « armée » intellectuellement pour répondre à cette idéologie. Et qui peut légitimement leur en vouloir ? Nous venons à l’université pour apprendre, pas pour remettre en cause nos cours.

C.V : Vous êtes désormais identifié, subissez vous des intimidations voire plus à ce sujet ?

E.S : Lors de la sortie d’une une du Progrès (le journal local de référence), j’ai pu « bénéficier » dès le lendemain d’un tag dans l’enceinte de la faculté où il était marqué « Eliott Savy, on va te grand-remplacer » ou d’insultes/harcèlements sur les réseaux sociaux. Pour le tag, j’ai voulu réagir instantanément puisqu’on me désignait comme une cible directement« physiquement ». J’ai donc porté plainte et écrit au procureur pour qu’il se saisisse du problème. La procédure est toujours ouverte pour moment. En parallèle, la presse nationale s’est mobilisée face à ce nouveau degré de violence, comme en témoigne les différents articles dans Causeur ou mon interview dans le FigaroVox. Sur les réseaux sociaux, j’ai été censuré de tous les groupes communautaires « ouverts » liés à l’université Lyon 2 (allant d’un groupe d’information général à un simple groupe de meme lié à Lyon 2), car les modérateurs sont militants actifs. Heureusement, à défaut, comme je le disais plus haut, d’avoir reçu du soutien politique, j’ai pu bénéficier d’un important soutien de la part d’amis et d’intellectuels ce qui a été d’une grande aide face à cette vague de haine et de violence.

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