Tribune : L’anormal est-il devenu la norme à Normale ?

Les Écoles Normales Supérieures (ENS), censées former l’élite universitaire française, sont devenus les fers de lance de la pensée progressiste, féministe, pro-migrants et pro-LGBT. Les normaliens fraîchement admis sont ainsi méthodiquement imprégnés de cette pensée unique qui espère trouver là ses futurs défenseurs zélés.

 

Mais d’où vient donc l’étrange qualificatif de « Normale » dans le prestigieux intitulé « École Normale Supérieure » ? Pour le savoir il faut remonter en 1794 lorsque le Comité d’instruction publique décide de créer une école où seront formés les professeurs dont la jeune République aura besoin. Le nom d’École Normale apparaît alors pour désigner cette institution ayant pour mission de dispenser un enseignement « normal » au sens étymologique du terme, c’est-à-dire un enseignement qui puisse servir de norme, de modèle.

 

Dans les ENS la nouvelle norme que l’on entend en effet créer c’est la déconstruction systématique d’autres normes, naturelles celles-ci. La vieille rengaine sociologique est passée par là, tout est un construit social, la nature n’existe pas, et ce qui nous semble « normal » a priori n’est que le fruit d’une société patriarcale multi-séculaire. Toutefois, avant d’examiner le monde qui l’entoure à cette aune, un normalien doit déjà entamer un long voyage en absurdie – duquel il ne reviendra probablement jamais. Suivons-en un à travers son parcours initiatique.

 

Au franchissement de la grille d’entrée commence le formatage. Le jeune normalien que nous suivons se voit remettre un formulaire d’inscription pour le week-end d’intégration, il y complète son nom, son prénom, avant de s’arrêter interloqué par la question : « genre ? ». Non que le fait que « genre » ait remplacé « sexe » le surprenne, mais qu’il ne s’attendait pas à ce qu’entre les cases « masculin » et « féminin » une troisième se soit glissée, celle de « non-binaire ». Un membre du BDE lui explique alors que des personnes se sentent réellement non-binaires dans l’établissement, qu’il faut les respecter.

 

Fi, notre normalien continue son chemin : il compte bien parvenir à s’intégrer parmi ses camarades. L’un d’eux l’ajoute sur le groupe Messenger de la promotion. À ce moment il découvre que l’écriture inclusive n’est pas seulement réservée aux rapports de jurys en sociologie, mais qu’on peut communiquer par messages avec. Mieux, il découvre de nouveaux mots. L’on peut écrire « celleux » au lieu de « celles et ceux » et pour être inclusif on ne dit pas « il est allé en cours pour lui remettre son cahier» mais « iel est allé.e en cours pour ellui remettre saon cahier ».

 

Cela sonne étrange à l’oreille de notre élève peu habitué à ce jargon, et puis l’Académie ne s’est-elle pas opposée à ces dérives ? Il décide d’en toucher un mot à son amie. Cette dernière lui explique que l’Académie est une institution patriarcale peuplée de vieux réactionnaires. Et puis, apprendre dès leur prime jeunesse aux petites filles que « le masculin l’emporte sur le féminin » participe d’un processus d’intériorisation de la domination masculine … Notre héros est désarçonné et ne sait plus quoi dire, il ouvre la porte de la cafétéria devant laquelle ils sont arrivés pour laisser passer son amie. Celle-ci le fusille du regard. Il a compris. La courtoisie est un reliquat du patriarcat.

 

Finalement le reste de sa soirée se déroule pour le mieux : c’est la soirée la plus cool de la rentrée, celle de l’association LGBT ! Même la présidente du BDE est venue, et ça ne l’étonne pas, il avait déjà remarqué que les déguisements du BDE avaient été fortuitement choisis couleur arc-en-ciel … Durant cette soirée la présidente du BDE prend même la parole pour asséner comme un mantra la nécessité de se prémunir contre le harcèlement sexuel. Dans le même temps, des guides pour une émancipation sexuelle sont distribués avec des capotes, mais l’ingénu normalien n’y voit aucune incohérence.

 

Le lendemain une connaissance rencontrée à la soirée LGBT l’emmène donner des cours particuliers à des migrants qui occupent le gymnase voisin. Il faut dire que notre novice aime à faire de « l’humanitaire », il aurait du reste bien voulu faire une maraude si seulement ça n’avait pas été avec les homophobes de l’aumônerie (on l’avait mis en garde). Le voilà qui apprend le français à des Érythréens. Soudain, l’un d’eux regarde avec dégoût un couple de lesbiennes qui se tiennent la main en entrant dans le gymnase. Le jeune normalien ne comprend pas : les réfugiés sont-ils eux aussi des homophobes ? Non il a dû se tromper ! Il reprend le cours de sa leçon.

 

Après cette bonne action, il va manger au Resto U devant lequel des tracts sont distribués pour l’AG du soir : il faut se mobiliser contre ce gouvernement des riches. Néanmoins, il doit se rendre en cours à la fin du déjeuner, car après tout il faut mériter son salaire ! En entrant dans la classe il remarque une affiche d’information sur la semaine des orientations sexuelles. Il est placardé que l’on peut en dénombrer plus de 50 et que la sensibilisation est importante eu égard aux discriminations dont sont victimes les personnes concernées. Notre normalien approuve. C’est bon, il est des leurs. Il espère désormais changer les normes sociales grâce au savoir élitiste qu’il détient. Il espère être la nouvelle norme.

Arnaud Scève

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