Témoignage : à l’université de Strasbourg, la gauche de plus en plus extrême

François Blumenroeder est étudiant à l’université de Strasbourg, il revient pour Campus Vox sur la situation de son université.

Campus Vox : Vous êtes à l’université de Strasbourg, pouvez-vous nous faire un rapide état des lieux de votre université, une tendance politique est-elle majoritaire ? Du moins laquelle est la plus visible ?

François Blumenroeder : Strasbourg ne nous vient pas immédiatement à l’esprit lorsque l’on parle des universités profondément marquées à gauche. Pourtant, l’histoire témoigne de l’importance de la gauche sur le campus alsacien. On se souvient du pamphlet « De la misère en milieu étudiant », publié en 1966 à Strasbourg, et qui est un texte déclencheur des évènements de mai 68. Bien qu’elle ait considérablement évoluée, cette tradition « gauchiste » reste bien implantée dans notre ville, inspirée notamment par des courants idéologiques voisins, outre-Rhin. Mais ce qui caractérise le plus le milieu étudiant strasbourgeois c’est bien la grande diversité des tendances représentées. Ainsi depuis des années l’université est le théâtre de rivalités entre différents mouvements politiques de gauche et d’extrême-gauche. Les uns accusant les autres de sociaux-traîtres, les autres d’extrémistes staliniens. Aujourd’hui, on peut considérer que deux courants se démarquent au travers de deux organisations majeures. La plus visible est le syndicat bien connu « Solidaires Etudiant.e.s », qui rassemble un mélange insolite de tout ce qui se fait de plus radical à gauche : anarchistes, révolutionnaires, indigénistes, etc. Un de leur militant strasbourgeois s’est d’ailleurs récemment illustré pour ses propos assimilant policiers et terroristes de Daesh. Leurs actions consistent principalement à manifester et à fréquemment tenter de bloquer l’université. Les tentatives de blocages sont quasi-systématiques à l’approche des partiels. Depuis quelque temps, ils profitent de la descente aux enfers de l’UNEF pour s’affirmer de manière plus institutionnelle. En 2018, les étudiants « solidaires » remportèrent un siège au Conseil d’Administration de l’Université.

La deuxième mouvance influente à Strasbourg, c’est celle des Jeunes Communistes (JC), de tendance marxiste-léniniste. Constitués en petites équipes, ils sont arrivés à imposer leur influence dans plusieurs facultés grâce à un militantisme agressif et une propagande efficace. Ils se démarquent des tendances communistes traditionnelles par leur violence et leur vision extrémiste (et anachronique) de la lutte des classes. Ici, ils sont très proches des Jeunes Communistes de Lyon et se retrouvent régulièrement ensemble pour participer à des formations idéologiques ou d’auto-défense. Ils sont également à la tête d’un mouvement « antifa » appelé « Jeune Garde Strasbourg », qui organise des rondes, la nuit, sur le campus de l’université, contre « la menace fasciste ». À noter : ils ont récemment bénéficié d’une couverture médiatique importante pour ce qui est devenu un classique à gauche : une affaire d’agression sexuelle.

Au milieu du désespoir que peut nous inspirer le récit des délires de l’extrême-gauche strasbourgeoise on peut tout de même trouver une source de réconfort : l’UNEF a cessé d’exister dans la capitale alsacienne depuis la rentrée 2019.

Autrement, nous savons également pertinemment que le mouvement étudiant majoritaire, la FAGE, et son penchant alsacien, l’AFGES, sous couvert d’être « apolitique », cache également son ancrage à gauche. La dissimulation de leurs opinions est pour nous un danger, si ce n’est une malhonnêteté, pour les étudiants. C’est là où l’UNI propose une véritable et unique alternative.

Campus Vox : Vous avez souvent dénoncé la violence de l’extrême gauche, notamment lors des blocages, auriez-vous des exemples ?

François Blumenroeder : Ces mouvements d’extrême-gauche s’inscrivent dans une logique de « lutte » où la violence est inhérente à leurs actions. Dès mon arrivée à l’université j’ai pu en être le témoin ordinaire. Si la gauche prône la tolérance et « l’acceptation de l’autre », la réalité est bien différente. Là où l’on s’attend à avoir des contradicteurs capables d’exposer des arguments, on se retrouve face à des militants incapables d’accepter le moindre débat et adeptes de l’humiliation et du musèlement de l’opposition, aussi infime soit-elle. Je suis engagé à l’UNI depuis 2017 et responsable de la section strasbourgeoise depuis 2019. Aux côtés de mes camarades militants, nous pouvons constamment constater ces dérives virulentes et autoritaires. Souvent la cible d’attaques et de diffamations, nous sommes les meilleurs témoins de leur étroitesse d’esprit et de leur violence. À l’UNI, nous luttons depuis des décennies contre ces formes de radicalismes et d’oppression.  Si nos militants sont habitués à « se prendre des coups », ce qui nous inquiète c’est surtout leurs velléités à soumettre toute l’université à leurs idées. Aujourd’hui nos militants se font régulièrement insulter et agresser pendant nos actions, sur le campus, ou simplement dans la rue. À plusieurs reprises, l’extrême-gauche vise tout particulièrement les jeunes militantes de notre mouvement. Mais ces tentatives d’intimidations ne font que renforcer notre détermination à continuer notre engagement au service de l’Éducation et de la Nation. Nous ne pouvons pas délaisser toute l’université à une clique d’extrémistes.

Là où le militantisme prend tout son sens c’est d’ailleurs sur le terrain. Les blocages et le mouvement de lutte de 2018 contre la loi ORE en ont été un bon exemple. Avec l’UNI nous avions l’habitude d’assister au « AG des étudiants en lutte », rassemblements où sont « votés » les fameux blocages. À l’une de ces AG, nous avons probablement exprimé un peu trop fort notre désaccord et les éléments les plus extrêmes ont simplement décidé de nous « foutre dehors ». Il y eut évidemment les insultes et les coups. À la sortie de l’amphi un militant est venu vers moi, a sorti un couteau et m’a menacé de me « planter » si je revenais. Le ton était donné. À plusieurs reprises par la suite nous avons été exclus de la même manière de ces soi-disant espaces démocratiques. Plus grave, pendant cette période un enseignant de l’université Paris 2 venu donner une conférence a été frappé au visage en tentant d’entrer dans un bâtiment bloqué. Il est sorti de l’hôpital avec cinq points de sutures et son agresseur, un militant d’extrême-gauche bien connu, fut interpellé puis relâché dans la journée. Si les blocages ont été de courte durée à Strasbourg c’est en partie grâce à nos nombreuses actions de déblocage. L’UNI est à l’avant-garde de l’action contre les bloqueurs. Ce qui me plait, c’est de savoir que nous agissons. Nous ne nous contentons pas de contester, ou de dénoncer. Depuis maintenant cinquante ans, l’UNI a acquis l’expérience  et la maturité pour cesser de se plaindre et pour agir vraiment, c’est dans l’ADN de notre mouvement. Et malgré le ressentiment de l’extrême-gauche à l’encontre des « casseurs de grève » qui ne fait que croitre leurs menaces sur nous dans toute la ville, nous ne sommes que fortifiés dans notre détermination. C’est la raison de notre engagement.

On parle beaucoup en ce moment des nouvelles idéologies racialistes, décolonialistes et indigénistes dans les universités, observez-vous leur apparition dans votre université ? Avez-vous des exemples précis ?

François Blumenroeder : On observe également à l’Université de Strasbourg l’émergence de ces nouvelles théories, en particulier dans les facultés de sciences humaines et à Sciences Po Strasbourg. Le dernier exemple en date est une conférence organisée par une association étudiante féministe de Sciences Po au début du mois de mars 2020. Le thème de la séance était « un féminisme décolonial » et ce n’est ni plus ni moins qu’une des figures françaises du décolonialisme qui l’a animée : Françoise Vergès. Connu pour ses positions racialistes et sa proximité avec le parti des indigènes de la république elle a ainsi pu s’exprimer devant une trentaine d’étudiants. En 2018 elle avait signé une tribune de soutien à Tariq Ramadan, mis en examen pour viol. Cette conférence a obtenu le soutien et le financement de l’Université et de l’IEP. On voit donc toute la perversité et la solidarité de nos institutions avec les idées et les personnalités les plus malsaines.

Campus Vox : Avez-vous le sentiment, souvent rapporté par les étudiants que la plupart ne peuvent plus s’exprimer librement ? Cela a-t-il des conséquences sur les études de ces élèves ?

François Blumenroeder : La dictature du politiquement correct est une réalité dans plusieurs facultés. À Strasbourg, elle touche les étudiants mais également des professeurs. De nombreux étudiants m’ont rapporté des témoignages hallucinants sur de véritables campagnes de diffamation qu’ont subis des enseignants après avoir tenu des propos qui n’allaient pas dans le sens de l’idéologie dominante. Des professeurs ont parfois même été écarté sur dénonciations à l’administration, souvent non fondées. Du côté des étudiants il suffit parfois d’exprimer sa sympathie pour une idée, un parti ou une personnalité « de droite » pour être automatiquement stigmatisé et mis au ban par les étudiants mais aussi les enseignants militants. Un doyen d’une des facultés de Strasbourg tient même des « fiches » des étudiants de droite.  Au vu de ces éléments, nier que l’engagement politique peut avoir des répercussions sur la notation d’un étudiant est absurde. Si la majorité des professeurs sont capables d’assez de discernement et de sens moral, certains n’hésitent pas à pénaliser et à sanctionner un étudiant un peu trop à droite à leur goût. Heureusement, si beaucoup d’étudiants nous soutiennent, nombreux aussi sont les professeurs et les personnels des universités à prendre conscience de ces dérives. Parmi les plus lucides, certains nous rejoignent à l’UNI pour défendre l’enseignement supérieur et la liberté d’expression. Ils sont de plus en plus à rejoindre les rangs de notre mouvement, pour résister contre la tyrannie de la bien pensance et de cette si bruyante minorité. Un slogan historique de l’UNI est « la liberté n’est pas négociable ». Aujourd’hui encore, nous nous engageons à ne jamais négocier la liberté.

 

 

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