Témoignage : Gender studies, racial studies, décolonialisme : L'enfer progressiste de l'université suédoise

Témoignage : gender studies, racial studies, décolonialisme : un professeur raconte l’enfer progressiste de l’université suédoise

Bruno est chercheur post-doctoral dans une grande université Suédoise après une thèse en France et partage avec nous son expérience. Par crainte pour sa sécurité, il s’exprime anonymement.

Campus Vox : Y a-t-il comme en France des dérives idéologiques dans l’enseignement supérieur Suédois ?

Bruno : Tout dépend de ce que vous qualifiez de dérives idéologiques. On ne retrouve pas dans le système universitaire Suédois les modes d’actions typiquement Français tels que les blocages, occupations, grève étudiante, voire violence contre les personnes et les biens. Cela peut paraître comme étant un point positif mais cela ne fait que cacher la sobriété et l’efficacité redoutable des universités scandinaves dans la reprogrammation idéologique des individus.

Campus Vox : Que voulez-vous dire par reprogrammation idéologique ?

Bruno : La Suède a adopté depuis plusieurs années, peut-être décennies, une politique dite de “gender mainstreaming” qui vise à ce que absolument tout aspect de la vie d’un individu dans la société soit abordé au travers des politiques publiques avec une perspective de genre. Cela veut dire par exemple que les écoles expliquent aux enfants que les mots “papa” et “maman” sont des stéréotypes de genre ou alors que chaque régiment dans l’armée Suédoise a son “conseiller genre”. Le stéréotype de genre est perçu comme un plus grand danger que le sous-marin Russe. C’est donc tout naturellement que les universités s’inscrivent dans la même démarche. Par exemple, la faculté de droit de l’Université de Stockholm a fait retirer les portraits des anciens professeurs de droit car ils étaient tous des hommes blancs et les a remplacé par de l’art abstrait. L’idée était de proposer un environnement plus “inclusif” aux minorités. Certaines universités font aussi la police du langage de leurs enseignants. Par exemple, si vous n’utilisez par les bons pronoms ou bien prononcez le mot “nègre” y compris lors d’un cours d’histoire des idées, vous risquez de passer en conseil de discipline. Un cours de sciences politiques très réputé à Lund a été supprimé par la faculté parce que les textes et livres servant de support à ce cours n’avaient pas le nombre minimal requis d’auteurs femmes. Les idées et leur influence sur l’histoire du monde ont été jugés secondaires devant le sexe de leurs auteurs car le contraire aurait soi-disant renforcé l’effacement des femmes et minorités.

Campus Vox : Est-ce que les chercheurs gardent néanmoins une liberté académique pour leurs travaux de recherche ?

 Bruno : La Suède est, contrairement à ce que beaucoup de Français croient, un pays extrêmement libéral, avec de profondes affinités pour la Grande Bretagne et les États-Unis. Ce libéralisme économique se retrouve dans le monde de la recherche, et paradoxalement, il conduit à de très fortes contraintes sur la liberté académique. C’est une erreur de penser qu’une libéralisation en France des politiques de recherche conduirait à plus de liberté. C’est tout à fait le contraire. Je dirais que la liberté académique en Suède s’apparente à la liberté d’expression sous l’Union Soviétique : vous avez toute la liberté de vous exprimer, par contre, vous n’aurez peut-être plus votre liberté après vous être exprimé. Les postes titulaires comme Maître de Conférences ou Chargé de Recherche qui forment l’ossature de la recherche en France n’existent pas en Suède. La majorité des enseignants-chercheurs sont financés sur projets sélectionnés par des financeurs publics ou privés. Tous les deux ou trois ans, il faut donc soumettre de nouveaux projets en espérant qu’ils seront sélectionnés pour ne pas avoir à quitter le monde universitaire. Cela crée une très forte pression de conformité idéologique : pour être financé, vous allez tout simplement soumettre un projet qui sera celui que le comité de sélection aura unanimement plaisir à lire. Exit donc, toute idée un peu dissidente ou dérangeante pour tel ou tel groupe auto-proclamé victime d’oppression. A priori, cela ne devrait pas affecter les recherches en ingénierie logicielle, mais le plus grand financeur public demande maintenant (sur instruction du gouvernement) à ce que tout projet adopte une perspective de genre. Vous pouvez donc être amené à devoir écrire un paragraphe sur semi-conducteurs et stéréotypes de genre pour garder votre emploi. Certains financeurs publics vont encore plus loin et imposent à ce que les projets incluent des perspectives de sociologie critique ou de “déconstruction des normes”.

Campus Vox : Pensez-vous que cela conduise à une idéologisation de la recherche ?

Bruno : Il est difficile de tirer des conclusions générales sans avoir analysé des données sur tous les projets soumis et financés. Par contre, je remarque que certains projets n’ayant, selon moi, rien à voir avec la recherche scientifique obtiennent des financements parfois non-négligeables. Par exemple, l’université de Linköping a obtenu un budget de 5 millions d’Euros en “études de genre environnementales” qui se proposent entre autres d’articuler intersectionalité avec justice environnementale et développement régional. Après ses premières années, le projet a reçu une évaluation tellement positive qu’il a obtenu 6,5 millions d’Euros supplémentaires pour cette fois développer des “approches post-disciplinaire, anti-coloniales, queer, anti-racistes, capacististes (NDLR : se réfère aux handicaps) pour construire différents types d’avenir”. Si vous comprenez de quoi il s’agit, c’est que j’ai mal expliqué. Le plus grand financeur public (l’équivalent de l’Agence Nationale de la Recherche) a financé une conférence sur la “diététique critique” qui inclut les “fat studies” que je traduirais par “perspectives grossistes” selon lesquelles l’obésité serait une construction sociale discriminatoire et pas un facteur de risque médical.

Campus Vox : Quel est le climat général dans les universités ?

Bruno : Je dirais qu’il y a un climat délétère, voire hostile, envers les hommes ou tout ce qui peut offenser telle ou telle minorité. Je remarque que le sexe du candidat semble avoir un impact sur les carrières et chances de financement. Une étude récente a démontré que les critères effectifs (nombre de publications et nombre de citations) pour être promu Professeur étaient statistiquement inférieurs pour les femmes. Cela veut dire qu’à dossier égal, un homme a moins de chance de réussir qu’une femme. Cela reste néanmoins une discrimination plus douce que dans d’autres pays comme aux Pays-Bas où certains postes universitaires sont par défaut interdits aux hommes. De manière paradoxale, le monde universitaire semble ne plus accorder aucun crédit à ses propres résultats, tels que le fameux “paradoxe du genre” qui montre que plus l’égalité entre les hommes et les femmes est respectée, plus les hommes et les femmes font des choix de vie différents. Tout choix différent est au contraire compris comme une discrimination à traquer. Le succès des politiques égalitaires est paradoxalement perçu comme leur échec car il n’est pas conforme aux présupposés idéologiques. Cela conduit à des politiques plus brutales. La faculté d’ingénierie à l’Université de Lund supprime les financements des postes titulaires si les jurys les attribuent à des hommes (et à l’opposé, maintient les financements si les postes sont attribués à des femmes). Officiellement, ces postes sont ouverts à tous et la sélection ne se fait que sur les mérites en recherche et en enseignement, mais des documents internes ont révélé cette stratégie qui est d’ailleurs illégale. Un important bailleur de fonds privé Suédois vient d’instaurer une politique selon laquelle il doit y avoir au minimum un tiers de lauréates parmi les projets soutenus. Pour éviter les critiques de favoritisme (où les femmes seraient sélectionnées selon des critères plus souples), le bailleur a choisi de classer d’abord tous les projets et ensuite de supprimer le nombre d’hommes requis pour atteindre moins de deux tiers d’hommes. En pratique, cela veut dire que, pour une année précédente où il y avait en mathématiques 9 lauréats et 1 lauréate pour 10 projets financés, 7 lauréats (donc hommes) auraient été déclassés pour avoir au final 1/3 de lauréate (1 personne) et 2/3 de lauréats (9-7=2 personnes). Le pire est que cette initiative a été grandement applaudie. Le monde universitaire occidental est maintenant capable d’allouer des millions à l’intersectionalité queer et de refuser des projets en mathématiques jugés excellents simplement parce que ces projets sont conduits par des hommes. Les Chinois doivent applaudir.

Campus Vox : Des voix s’élèvent-elles contre cette idéologisation de l’université ?

Bruno : Il y a quelques fortes têtes qui alertent contre ces dérives, comme par exemple une petite association https://academicrightswatch.com Néanmoins, ces voix restent très minoritaires. Je note aussi qu’une majorité d’hommes a maintenant accepté leur culpabilité masculine. Être un mâle, c’est mal. Certains collègues s’expriment en commençant par s’excuser d’être des hommes blancs hétérosexuels. La sociologie critique semble être en voie de réussir sa longue marche Gramscienne pour prendre le contrôle des institutions. Pour de nombreux jeunes universitaires, il est maintenant totalement acquis qu’il n’y a pas de vérité qui puisse être objectivement approchée par la démarche scientifique.
L’identité sexuelle ou raciale de l’universitaire compte plus que les hypothèses proposées par cet universitaire. Plus grave, l’idée même de tester et rejeter des hypothèses, à la base de toute démarche scientifique, est considérée comme raciste, sexiste et colonialiste, car cela contribue à réduire les minorités au silence. Selon cette vision, la science est donc un instrument de suprématie blanche qu’il faut décoloniser de toute urgence. De manière générale, vos lecteurs doivent comprendre que l’universalisme Français est un particularisme insulaire qui s’ignore et est en voie d’extinction. La recherche internationale subie une très forte influence du monde anglo-saxon qui exporte dans le monde entier son communautarisme. Je soupçonne aussi un jeu tacite entre néolibéralisme et gauche politique. D’une part, communautariser les sociétés conduit à affaiblir l’État et son rôle régulation des multinationales, et à créer des groupes d’individus qui sont autant de marchés segmentés à qui offrir des services spécifiques. D’autre part, la gauche ayant grandement abandonné la lutte des classes et l’idée de justice sociale (les politiques néolibérales d’inspiration Thatchérienne ont été en Suède mises en place par des gouvernements socialistes), elle se recycle politiquement en attisant la lutte des sexes et des races. Ajoutez à cela la technologie des réseaux sociaux qui permet de violemment polariser les sociétés en attisant nos réflexes tribaux et émotionnels, et vous avez la recette la plus aboutie à ce jour pour faire exploser le contrat social à la base de nos sociétés. En tant qu’universitaire, j’attendais du monde académique une certaine sagesse afin de contribuer à apaiser les passions tout en faisant progresser la connaissance pour aider les sociétés à aborder les enjeux contemporains. Je suis de gauche et j’ai toujours cru au rêve de Martin Luther King, à ce que les gens ne soient pas jugés par la couleur de leur peau mais pour leur caractère. Aujourd’hui le monde universitaire nous dit : ce n’était pas un rêve, c’est un cauchemar !

 

 

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